Les solutions pour une mobilité électrique maritime et fluviale sont-elles déjà disponibles ? « Oui ! » répondent les membres du Pôle Mer Méditerranée.

A l’occasion de sa journée technique du 16 janvier 2020 «Mobilité Maritime Électrique & Hybride», le Pôle Mer Méditerranée a réuni au Technopôle de la Mer à Ollioules une cinquantaine d’acteurs locaux et territoriaux pour aborder les besoins, les challenges et les dernières avancées technologiques dans le domaine des motorisations électriques et/ou hybrides et des solutions associées de stockage d’énergie (piles à combustible hydrogène, batteries, …).

 

Les sujets sur la motorisation électrique des véhicules terrestres et aériens (voitures, camions, transports en commun, avions,…) ne manquent pas et sont nombreux à fleurir dans l’actualité mais qu’en est-il aujourd’hui de la mobilité électrique maritime pour le bateau de plaisance, le navire de travail portuaire, le navire à passagers côtier, … ?

 

 

Lors de cette journée «Mobilité Maritime Électrique & Hybride», des acteurs industriels et académiques du territoire ont pu explorer les moyens d'électrification de navires neufs ou existants, les motorisations hybrides, et les énergies associées et stockées sous toutes les formes (piles à combustible hydrogène, batteries, …) ainsi que les usages smart associés pour une meilleure gestion des moyens de propulsion et de la navigation (intelligence artificielle, réseaux électriques intelligents, …).

 

Tous ces acteurs témoignent de la disponibilité de technologies pour concevoir, développer, réaliser et mettre en place des solutions de mobilité maritime électrique & hybride sur notre littoral et dans nos ports et constatent que même si les marges de progression sont encore grandes et que de nombreuses innovations sont à venir, toutes les solutions existent déjà pour une mobilité fluviale, littorale, côtière, électrique ou hybride !

 

Compte tenu des enjeux environnementaux, climatiques et sociétaux et de l’émergence de ces nouvelles technologies, une réelle impulsion économique doit être entreprise par les acteurs publics pour déployer plus largement ces solutions de mobilité décarbonée sur le territoire. En parallèle, des décisions doivent être prises pour faire évoluer la réglementation en vigueur.

 

Face à ces enjeux, le Pôle Mer Méditerranée accompagne les projets maritimes innovants des entreprises pour développer des modes de déplacements moins impactants pour la planète :

NEXT BLUE TECH est une startup née en 2017 qui tend à appliquer la transition écologique aux loisirs nautiques. Avec sa trottinette des mers ‘blue way’ (images ci-contre), Next Blue Tech revisite le paddle, qu’il dote d’une motorisation électrique. Le volume a été optimisé pour loger les batteries directement dans la planche et offrir une autonomie de près de 8h à 4 noeuds.
Originaire de l’univers aérien, AAROK transpose les caractéristiques aérodynamiques des profils d’ailes aux navires de transport de passagers. A ceci s’ajoute une motorisation hybride, s’appuyant sur l’énergie solaire.

 

 

 

 

 

 

Le projet SunWorker (labellisé par le Pôle Mer en 2019) vise au développement, à la mise au point en exploitation et à l’industrialisation de navires hybrides solaires de transport de passagers, de 50 à 90 places, pour des usages aussi bien marins que fluviaux, avec des performances égales ou supérieures à celles des navires traditionnels fonctionnant aux énergies fossiles.

 

 

HYSEAS travaille au développement de piles à combustible Hydrogène modulables permettant de s’adapter au mieux aux besoins énergétiques des navires. HYSEAS est actuellement partenaire du projet HYNOVAR (labellisé par le Pôle Mer Méditerranée en 2016) visant à implanter un ensemble de solutions hydrogène (production, avitaillement) pour différentes mobilités terrestres et maritimes au sein de la métropole Toulon Provence Méditerranée. Dans ce cadre HYSEAS motorise une navette maritime électrique alimentée par PAC et batteries.

 

 

Le projet Green Pilot (labellisé en 2017 par le Pôle Mer Méditerranée), a pour objectif d’électriser des navires de services à court rayon d’action, à l’aide de batteries. Il s’appuie sur la remotorisation d’une Pilotine en service permettant la réalisation d’essais en mer, afin de valider la faisabilité technique, opérationnelle et commerciale. Les gains attendus : un impact environnemental fortement diminué (50 tonnes de CO2 rejetées en moins par an) et des coûts d’exploitation deux fois inférieurs à une motorisation thermique.

 

Energy Observer est un démonstrateur de navire 100% autonome en énergie. Il s’appuie pour cela sur ses 141 m² de panneaux photovoltaïques qui lui permettent d’évoluer à une allure de 5 noeuds. Pour les phases de navigation nocturnes ou lors d’un ensoleillement trop faible, il s’appuie sur des batteries embarquées. Enfin sa grande force réside dans l’intégration d’une chaine complète de production (à partir d’énergie solaire) et stockage d’hydrogène ; utilisable via une pile à combustible lorsque désiré. En 2019, Energy Observer a également embarqué la solution vélique de VPLP, avec deux ailes ajustées automatiquement qui permettent un gain en consommation énergétique de 20 à 40%.

L’Ifremer, l’institut français de recherche pour l'exploitation de la mer emploie des véhicules sous-marins électriques équipés de batteries. Ces engins conçus en partenariat avec des industriels régionaux sont capables d’atteindre plusieurs milliers de mètres de profondeur, les systèmes électriques (et batteries) et leur compacité sont donc optimisés pour offrir une totale autonomie énergétique. C’est par exemple le cas du projet CORAL, un AUV capable d’atteindre 6000m de profondeur.

 

 

 

iXblue Shipyard à la Ciotat est un chantier naval à vocation mondiale engagé dans une dynamique d’innovation pour des navires plus propres et intelligents. Ses principaux axes de développement visent à diminuer la masse des navires par l’utilisation de matériaux composites, couplée à l’électrification des navires, qui est désormais envisagée dès la phase de conception. Des innovations qui se matérialisent comme avec le projet NESSIE (labellisé par le Pôle Mer Méditerranée en 2017) qui donnera naissance à la nouvelle version de navires océanographiques français.

 

Pour l’avenir, les pôles Mer Méditerranée et Bretagne Atlantique, dans le cadre des travaux du Comité R&D de la Filière des Industriels de la Mer, en pilotant et en animant les feuilles de route SMARTSHIP et GREENSHIP, au sein des Schémas Régionaux de Développement Economique d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII) et des Stratégies de Recherche et d’Innovation (SRI) des régions, continuent d’ouvrir des voies pour permettre aux industriels, en partenariat avec les écoles, les universités et les laboratoires de recherche, de poursuivre leurs travaux vers des solutions de mobilité zéro émission encore plus vertueuses, encore plus accessibles et donc encore plus présentes.

 

Ainsi la recherche continue pour développer :
• L’hybridation de navires de toutes tailles, pour utiliser une propulsion électrique propre lors des manoeuvres ou opérations portuaires ;
• La pile à combustible de grande taille : fonctionnant à l’hydrogène ou à l’ammoniaque ;
• Le stockage d’hydrogène en grande quantité et en toute sécurité à bord des navires ;
• La filière de production/distribution d’hydrogène poussée par les Régions Sud & Occitanie et liée à une énergie décarbonée ;
• L’électrification des navires à quai, permise par des adaptations des réseaux électriques et poussée par les collectivités locales, ou substitution des motorisations du navire par un générateur d’électricité mobile (Projet de barge Green Harbour à Sète).